LA STPO (La Socit des Timides la Parade des Oiseaux) — Les Explositionnistes
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"Tous les amateurs de la formation rennaise culte La Socit des Timides la Parade des Oiseaux doivent dj connatre Les Explositionnistes, paru initialement au milieu des annes 1990 et considr par beaucoup comme leur chef-duvre. Pour les autres, cette rdition est loccasion de redcouvrir cet univers unique et potique quils dveloppent depuis 1984. Vritable trsor de la scne art rock franaise, La STPO na jamais cess son activit depuis trente-quatre ans, offrant des concerts au compte-gouttes tout en assurant un rythme soutenu dune rptition par semaine. Un premier EP en 1986, suivi dune bonne dizaine dalbums (La STPO, 1989 ; Le Femme : Portraits, 1993 ; Les Explositionnistes, 1995 ; LEnciversel Marsac, 1998 ; Expriences de Survie, 1999 ; 86-90, 2001 ; Le Combat occult, 2005 ; Tranches de temps jet, 2006 ; Les Liquidateurs, 2015 ; LImparfait Multiple de Dieu, 2015), ainsi quun split avec Volcano the Bear ou un album live, il est donc inutile de dire quil y a de quoi couter ! Cest pourquoi cette sortie remasterise dun des albums qui les a fait connatre est fort bienvenue.
Mlant des influences varies (post-punk, free jazz, no wave, avant-garde, rock in opposition, bruitisme), le groupe cr autour de Pascal Godjikian (chant) et Jim B. (guitare) a nanmoins dvelopp un monde onirique bien eux, teint de surralisme et dexpressionnisme. Qui dit onirique ne veut pourtant pas dire planant ! Si certains passages de Sarajevo-Stepanakert ou Barfsserkirche in Erfurt peuvent susciter une certaine mlancolie ou une forme dirralit, le style de la troupe cest plutt du direct dans ta face. Violent nest peut-tre pas le terme car tout est ici contrebalanc par lhumour, mais La STPO joue des brisures, des structures complexes, des fois trs speed, nerveuses et tendues, au milieu desquelles peuvent merger des hurlements ou des rfrences la guerre (les villes martyres de Sarajevo-Stepanakert , le gnocide armnien sur Rouge, Bleu, Orange ). Et au milieu de tout cela, nous sommes invits une valse monstrueuse, ambiance carnavalesque au milieu des dcombres ( DadaMax Stellt Loplop Vor ). Ds ce premier morceau, linspiration picturale est mise en avant. Max Ernst, Pablo Picasso, Barnett Newman ou Lyonel Feininger sont convis la fte, et les superbes visuels de Jim B. leur rendent hommage avec brio.
Grave et dlirante, en mutation permanente, la musique est foisonnante. Chaque coute nous amne dcouvrir de nouveaux sons. Le chant, thtral souhait, aborde de nombreux registres, en samusant en permanence de la langue, se lappropriant pour crer son propre vocabulaire. Au sein de ces tableaux absurdes rendant compte de la cruaut du monde mergent souvent des mlodies, tellement nombreuses et tritures quelles en deviennent presque impalpables. Version pique, virtuose et nergique de lesprit Un Dpartement/Dficit des Annes Antrieures, La STPO garde une forme plus rock. Linstrumentation varie (batterie, guitare, basse, saxophone, contrebasse, synths, radio, xylophone, viole de gambe, balafon) ouvre, cela dit, les possibilits sonores, pouvant aller de la fanfare orientale ( Rouge, Bleu, Orange ) des sortes de collages, entre jazz fou et le Hrspiel ( Le Portrait de Dora Maar ). De ces alliances contrastes merge au final une vritable beaut, dont seul le groupe a la cl ( Barfsserkirche in Erfurt ) et dont on peut vite devenir accro. Pas de problmes, luvre est assez dense pour pouvoir sabreuver volont." [Max Lachaud, OBSKRE MAG9
Mlant des influences varies (post-punk, free jazz, no wave, avant-garde, rock in opposition, bruitisme), le groupe cr autour de Pascal Godjikian (chant) et Jim B. (guitare) a nanmoins dvelopp un monde onirique bien eux, teint de surralisme et dexpressionnisme. Qui dit onirique ne veut pourtant pas dire planant ! Si certains passages de Sarajevo-Stepanakert ou Barfsserkirche in Erfurt peuvent susciter une certaine mlancolie ou une forme dirralit, le style de la troupe cest plutt du direct dans ta face. Violent nest peut-tre pas le terme car tout est ici contrebalanc par lhumour, mais La STPO joue des brisures, des structures complexes, des fois trs speed, nerveuses et tendues, au milieu desquelles peuvent merger des hurlements ou des rfrences la guerre (les villes martyres de Sarajevo-Stepanakert , le gnocide armnien sur Rouge, Bleu, Orange ). Et au milieu de tout cela, nous sommes invits une valse monstrueuse, ambiance carnavalesque au milieu des dcombres ( DadaMax Stellt Loplop Vor ). Ds ce premier morceau, linspiration picturale est mise en avant. Max Ernst, Pablo Picasso, Barnett Newman ou Lyonel Feininger sont convis la fte, et les superbes visuels de Jim B. leur rendent hommage avec brio.
Grave et dlirante, en mutation permanente, la musique est foisonnante. Chaque coute nous amne dcouvrir de nouveaux sons. Le chant, thtral souhait, aborde de nombreux registres, en samusant en permanence de la langue, se lappropriant pour crer son propre vocabulaire. Au sein de ces tableaux absurdes rendant compte de la cruaut du monde mergent souvent des mlodies, tellement nombreuses et tritures quelles en deviennent presque impalpables. Version pique, virtuose et nergique de lesprit Un Dpartement/Dficit des Annes Antrieures, La STPO garde une forme plus rock. Linstrumentation varie (batterie, guitare, basse, saxophone, contrebasse, synths, radio, xylophone, viole de gambe, balafon) ouvre, cela dit, les possibilits sonores, pouvant aller de la fanfare orientale ( Rouge, Bleu, Orange ) des sortes de collages, entre jazz fou et le Hrspiel ( Le Portrait de Dora Maar ). De ces alliances contrastes merge au final une vritable beaut, dont seul le groupe a la cl ( Barfsserkirche in Erfurt ) et dont on peut vite devenir accro. Pas de problmes, luvre est assez dense pour pouvoir sabreuver volont." [Max Lachaud, OBSKRE MAG9